Les mythes sur l’anxiété de séparation chez le chien

L’anxiété de séparation est largement incomprise et Internet peut être un véritable terrain miné. Il est tout à fait normal de consulter « Dr Google » lorsqu’un problème survient, surtout lorsqu’il s’agit de nos chiens. Certaines informations trouvées en ligne peuvent être inoffensives, tandis que d’autres peuvent nuire considérablement à votre chien et à ses progrès.

Notre expérience en tant que spécialistes de l’anxiété de séparation nous a permis d’observer un grand nombre de chiens, dont plusieurs pour qui des méthodes ou des produits essayés auparavant n’ont pas fonctionné. Dans cet article, nous allons démystifier les plus courants afin de vous éviter de perdre du temps, de l’argent et de l’énergie.

1- Utiliser la nourriture pour rendre l’absence positive et les occuper

L’idée de base n’est pas mauvaise, mais malheureusement elle est rarement efficace. On croit souvent que si l’on offre à notre chien des gâteries très intéressantes, il ne remarquera même pas notre départ. Cela peut fonctionner pour les chiens qui s’ennuient simplement et ont besoin d’occupation. Toutefois, lorsqu’un chien vit une véritable attaque de panique liée au fait d’être seul, la nourriture est la dernière chose à laquelle il pense.

La majorité de mes clients ayant essayé cette méthode rapportent qu’elle n’a jamais fonctionné et que la nourriture restait intacte jusqu’à leur retour, même lorsqu’il s’agissait de gâteries de grande valeur comme des bâtons de bœuf, du fromage ou même des morceaux de steak.

Lorsque certains chiens mangent malgré tout les gâteries laissées, ils le font souvent très rapidement, puis basculent ensuite dans la panique.

Un chien d’un de mes clients a même appris que le jouet alimentaire annonçait le départ de ses humains et en est venu à en avoir peur, refusant d’y toucher à d’autres moments sans lien avec les absences.

2- Les produits « solutions miracles »

Il existe un très grand nombre de produits sur le marché qui sont souvent recommandés pour aider, voire « traiter », l’anxiété de séparation, et ce nombre ne cesse d’augmenter avec les années. Gâteries spéciales, vêtements, compléments alimentaires, cages, peluches… Il peut être tentant de les essayer, et je comprends pourquoi. L’espoir qu’un simple produit puisse mettre fin aux difficultés liées aux absences est séduisant.

Je classe ces produits dans la catégorie « ça ne peut pas faire de mal » et peut-être aider. Malheureusement, ce que j’observe le plus souvent, ce sont des clients épuisés qui ont tout essayé, en ayant dépensé beaucoup d’argent sans résultats concrets.

Mettons ces « solutions » en perspective. Si vous avez une phobie des araignées et que je vous enferme dans une pièce avec une tarentule, mais que je vaporise un peu de lavande, vous donne une couverture et une gâterie calmante… pensez-vous que cela vous guérirait ? L’araignée vous fait craindre pour votre vie, exactement comme votre chien lorsqu’il est seul. Aucun objet réconfortant ne peut éliminer un tel niveau de peur.

3- La cage et le confinement

Est-ce que trop d’espace aggrave l’anxiété ? On peut penser que les allers-retours constants de la porte à la fenêtre donnent trop d’espace à surveiller et à « protéger ». Ce qui se passe dans la tête du chien n’est pas toujours clair.

Cependant, selon mon expérience, le confinement aggrave souvent l’anxiété. Que ce soit enfermé dans une pièce ou, pire encore, dans une cage. Bien qu’une cage puisse être un outil utile pour l’apprentissage de la propreté ou l’éducation du chiot, elle n’est pas adaptée au traitement de l’anxiété de séparation.

Si vous avez essayé la cage, vous avez peut-être remarqué une aggravation des symptômes : augmentation des aboiements, salivation excessive, défécation. Certains chiens vont même jusqu’à se blesser en tentant de s’en échapper. Au mieux, la cage peut prévenir certains comportements destructeurs, mais elle ne traite pas l’anxiété de séparation elle-même, tout en comportant un risque de blessure.

4- « Il va s’en remettre avec le temps »

Si on ignore le problème, il finira par disparaître, n’est-ce pas ? Malheureusement, non. Plus un chien est exposé à sa peur, plus il sera difficile de l’aider par la suite. Les chiens n’ont pas notre capacité de raisonnement logique. Nous savons que nous revenons toujours, mais eux ne le comprennent pas ainsi.

Le risque d’attendre en espérant que cela passe est bien plus élevé que la probabilité que cela se produise réellement.

5- Prendre un deuxième chien aidera

L’anxiété de séparation étant la peur d’être seul, on peut croire qu’adopter un deuxième chien aidera. En réalité, dans la grande majorité des cas, cela n’aide pas. Si vous avez entendu dire que cela a aidé le chien d’un voisin, il s’agit de l’exception, pas de la règle.

Un deuxième chien ne devrait être ajouté à votre foyer que si vous souhaitez réellement un autre chien, et non comme solution à l’anxiété de séparation.

Histoire vraie : avant que nous commencions à travailler ensemble, mon tout premier client a adopté un deuxième chien pour aider son premier chien souffrant d’anxiété de séparation. Il s’agissait de deux sœurs issues de la même portée… et les deux souffraient d’anxiété de séparation. Bien que cela ait complexifié la situation en nécessitant le suivi de deux chiens au lieu d’un, les deux ont fait d’excellents progrès !

Alors, comment aider mon chien souffrant d’anxiété de séparation ?

La première étape consiste à faire examiner votre chien par un vétérinaire. Un chien fera très peu de progrès s’il souffre également de problèmes médicaux sous-jacents. Les troubles digestifs, les démangeaisons ou les otites peuvent tous contribuer à une anxiété générale accrue. Il est donc important de régler ces aspects rapidement.

La médication est également une option à considérer et mérite d’être discutée avec votre vétérinaire afin de bien comprendre les possibilités.

La gestion des absences afin d’éviter une escalade de la peur est l’étape suivante. Faire appel à un gardien ou à une garderie adaptée permet d’éviter que votre chien soit laissé seul pendant le processus.

Ensuite vient l’entraînement à la solitude. Celui-ci se fait en fonction du niveau de confort actuel de votre chien, en augmentant graduellement la durée des absences. De nombreux facteurs entrent en jeu, et une équipe professionnelle et certifiée en anxiété de séparation peut vous aider à démarrer et à vous guider efficacement.

Souvenez-vous que l’anxiété de séparation n’est pas une fatalité et qu’elle se traite avec les bonnes interventions. Si vous vous sentez dépassé, vous n’êtes pas seul, nous sommes là pour vous aider.

Prenez rendez-vous pour une consultation ici.

Bon entraînement !


Écrit par Katherine – 20 janvier 2026